Entries Tagged as 'Chroniques'

O en histoire pour Géo

GEO, le magazine du voyage et de la découverte a consacré son numéro 04 Histoire du 06 avril 2007 au Maghreb.
Grand titre en couverture
Maroc – Algérie – Tunisie
Maghreb
De l’Antiquité à l’arrivée des français

Un grand dossier avec beaucoup de photos, très belles photos de paysages, de visages et de belles pages de manuscrits de Coran, faisant apparemment partie du fonds de la BNF.
Avec en plus un dépliant, une carte géographique pour expliquer l’histoire mouvementée de l’Afrique du nord, les conquêtes, les expansions et les déplacements sur trois millénaires de temps. Tout ça accompagne des articles écrits par de grands noms de la spécialité Algérie en France, tels Paul Balta, Gilbert Meynier, Benjamin Stora, mais aussi Slimane Zeghidour et Noureddine Khellassi pour ce qui concerne l’Algérie.
Ce numéro exclut-il sciemment la Libye et la Mauritanie du Maghreb? Surtout que les historiens savent que l’entité géographique, ethnique et culturelle que constituait le Maghreb dans l’Histoire comprenait bien la Libye qui était le nom du Maghreb à l’époque grecque et la Mauritanie, le nom du pays des maures à l’époque romaine. L’Afrique du nord était en réalité toute peuplée de berbères à l’origine, de tribus nomades se déplaçant à travers ce vaste espace et jusqu’en Egypte.
Bien sur le magazine n’est certainement pas un livre d’Histoire. c’est, néanmoins une tentative de rapprocher l’Algérie historique des français, qui à travers ce numéro sont invités à choisir la destination Algérie et plus encore, la destination Maghreb.
c’est pour cela peut-être que tout y est rapporté à la colonisation, à l’occupation, à la présence, à l’arrivée, à l’installation d’autres peuples et d’autres cultures, mais plus encore…
Après le grand titre en couverture, et en première page du dossier on peut lire ceci :
l’Afrique du nord, terre de conquêtes, de métissages, de résistance. GEO retrace les différentes étapes de cette histoire qui a précédé la colonisation française.
Quelques pages plus loin, une chronologie, intitulée “Histoire d’une région sous influence”, Trois mille ans en dates clés : de la fondation de Carthage à la conquête française.
ça commence en 1100 avant J-C et ça finit en 1912 lorsque la France a finit d’établir son autorité politique et économique sur le Maghreb (!)
A travers tout le dossier, on peut comprendre que : même si les berbères occupaient bien ce grand territoire qu’est le Maghreb, ou l’Afrique du nord pendant des millénaires, et même s’ils formaient la population d’origine de ce côté-ci de la méditerranée, leur rôle ne serait que secondaire, ils n’étaient apparemment là que pour le décor (selon GEO). Ils n’auraient été là que pour accueillir d’autres peuples qui voulaient bien venir les visiter.
Les articles ensuite prennent des raccourcis étonnants, surprenants, voire quelquefois dangereux ! Exemples :
Slimane Zeghidour, dans son article en page 18 “Il était une fois le Maghreb” nous apprend que Si les berbères peuplent vraisemblablement l’ouest de l’Afrique du Nord depuis le néolithique, ce sont les phéniciens qui vers 1000 avant J-C vont faire entrer ces terres dans l’ “Histoire”. Sauf que, et on le sait, les phéniciens en développant l’alphabet au 2ème millénaire avant J-C ont fait entrer tout le Monde dans l’Histoire et pas seulement la berbérie.
Arrive alors le tour de Paul Balta, en page 54 “La longue islamisation des berbères” nous explique comment l’Islam est arrivé au Maghreb, en nous donnant quelques explications sur les origines et en n’oubliant pas au passage de nous dire que le Coran livre sacré des musulmans qui croient que le monde doit être converti à l’Islam par la prédication, voire par les armes. Notez bien le verbe croire au présent.
Ensuite il nous raconte la résistance berbère dirigée par Al Kahina et la conquête de l’Espagne dirigée par Tarik Ibn Ziyad, mais soudain il fait un bond de trois siècles et passe du 8ème au 11ème pour nous dire que c’était pour parfaire l’Islamisation du Maghreb que les fatimides d’Egypte ont envoyé les tribus des Bani Hilal (…) qui dévasteront le pays. Et qu’en réaction à cela, Youssef Ibn Tachfin fonde la dynastie des almoravides (!)
Le Coran, et dans la sourate des abeilles, “Annahl” et au verset 125 nous dit ceci : Par la sagesse et la bonne exhortation appelle (les gens) au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon. Car c’est ton Seigneur qui connaît le mieux celui qui s’égare de Son sentier et c’est Lui qui connaît le mieux ceux qui sont bien guidés.
Quant au bon de trois siècles : pourquoi Paul Balta a-t-il occulté les Rostimides, Fatimides, Zirides, et Hammadites, des états berbères instaurés au Maghreb pendant ce “blanc” de tois siècles au nom d’un Califat musulman et de l’Islam?
Sans oublier que la Kahina et d’aprés la légende, et avant même la bataille décisive, a conseillé à ses deux fils de rejoindre les troupes musulmanes qu’elle même combattait pourtant. Ce qu’ils ont fait et Hassan Ibn Nouaman l’ennemi de la veille les accueille alors dignement et leur confie à chacun un poste de commandement.
Sans oublier non plus Ibn Rachiq le célèbre grammairien de la langue arabe mais n’anmoins berbère de Msila qui a vécu à Kairouan bien avant l’arrivée des Bani Hilal au Maghreb.
Gilbert Meynier en page 28 et à travers son article “Quand le Maghreb parlait latin” nous explique lui que la colonisation romaine de l’Afrique n’a rien à voir avec une colonie au sens moderne du terme, et que s’il y eut bien des colons, il n y eut jamais de muraille de Chine.
Et comme pour répondre à Paul Balta, il écrit à la fin de son article qu’au Maghreb, les mortels ont sans doute embrassé l’Islam parce que, à leurs yeux, il s’agissait d’une forme renouvelée d’un monothéisme déjà familier. Il n y eut sans doute pas de rupture, mais plutôt un glissement du christianisme à l’Islam.
Jacques Heers en page 84 et sur “Des rives cernées de pirates” nous explique lui comment les frères Barberousse ont semé la terreur dans la méditerranée au 16ème siècle en oubliant de nous expliquer comment la piraterie était tout à fait courante sur les deux rives de la méditerranée et même bien au delà
Quant à Noureddine Khellassi, il nous surprend en page 30 et à travers “Les Aures, Le berceau de l’identité berbère” en nous présentant quelques photos de visages d’hommes, de femmes, jeunes et vieux des Aures pour attester du métissage effectué dans cette région, surtout à travers la photo d’un jeune garçon aux yeux verts ou bleus, avec ce commentaire : Il n’empêche, les habitants de la montagne guerrière affichent toujours d’étonnants traits romano-africains (!)
Ce ne sont là que quelques exemples d’un numéro fort mal ficelé ou trop rapidement bouclé (?)
Jean Luc Marty, rédacteur en chef de GEO depuis 1993, et dans une interview a déclaré ceci :
Je fais partie de ces gens qui pensent que tout est politique, même les approches les plus objectives.
Quant à moi, je fais partie de ces gens qui croient à la nécessité de dépolitiser l’Histoire pour en faire justement une lecture objective. Ce qui s’est passé, fait définitivement partie du passé, il avait des circonstances et un contexte.
La seule transposition possible à mon avis, serait utile pour comprendre des situations actuelles et éviter des erreurs à venir. Mais certainement pas le contraire.
Il est difficile voire dangereux de faire une lecture du passé au présent, par contre on peut faire une lecture du présent à travers le passé, vous saisissez la nuance?

Chronique diffusée sur la radio algérienne, le : 21/05/2007

Coup de gueule>> Clinique El Amen!

Aujourd’hui mon cousin vient d’avoir une petite fille toute mignonne, sa femme a commencé le travail tard hier soir, il a du l’emmener à la clinique, une clinique de renommée, des certifications, des homologations, des prix et sans parler des honoraires exorbitants.

Tout ceci semble bien beau mais ce que j’ai vu, entendu et senti ce matin m’a vraiment poussé a lancer ce grand cri, un cri de rage et de dégoût.

Clinique el Amen, située à Mutuelle ville, un pôle médical qui attire les gens de partout, des tunisiens, des expatriés, des gens qui viennent d’autre pays pour faire des opérations chirurgicales qui ne se font pas dans leurs pays.

Tout est beau a lire et a entendre, j’aurais vraiment été séduit par ça, mais après avoir vu cette saleté, ce désordre, ce manque de sécurité et d’organisation, senti ces odeurs écoeurantes, et entendu ces bruits, ces querelles entre infirmiers dans les couloirs, ces meules à disque tourner et les visiteurs qui criaient de toutes leurs voix a quelques mètres des malades et des nouveaux nés, je reste vraiment bouche bée et déçu.

J’ai commencé mon étonnement quand je suis entré dans la clinique, on y entre comme on entre dans un moulin, personne ne se soucie de rien, je monte directement au service de néonatologie, je trouve des infirmières entrain de rigoler et de parler du zgougou du mouled, je leur demande le numéro de la chambre, l’une d’entre elles se met a crier dans le couloir, elle appelle une collègue et lui demande ou était la jeune fille qui a accouché tôt le matin, l’autre lui répond « Ahhhh celle qui porte des lunettes ? Chouf la chambre 2.. »

Je traverse le couloir, on dirait une décharge publique, des odeurs nauséabondes et des saletés partout, deux infirmiers qui se prenaient la tête juste à coté d’une pancarte sur laquelle est écrit : « Silence les bébés dorment »

J’atteins la chambre à la fin du couloir, on entend les travaux d’en bas, on coupe du fer près des chambres, on tape du marteau et on crie car avec le bruit de la meule on n’arrive pas a communiquer, mon cousin m’a dit : «Même un dinosaure n’aurais pas pu dormir avec un tel boucan».

Calamiteux, désolant, décevant et irresponsable.

megots2.jpg

megots.jpg

quality2.jpg

quality1.jpg

Post publié aussi chez Stupeur

Foreign Aristocrat

How much can I know? How fast can I know it? I wrote the following words in March 2004, after living in Morocco for nine months. They reflect a confusion I still feel today. Will I ever understand a place where I’m a latecomer, an intruder, where I didn’t grow up? On the other hand, maybe this gives me the freedom to ask questions that Moroccans themselves haven’t thought about, or don’t want to ask. On the “other” other hand, does this do anyone any good, or am I just feeding my vanity? What am I doing writing about Morocco anyway?

— • —

Sometimes I don’t know whether I’m better off playing the foreign aristocrat who sits back and demands what he wants because the people around him are poor, or whether I should try instead to be a “friend of the people” who shares in their joy and suffering and considers himself to be a part of the family. Most often I feel caught in the middle, aware that solidarity can only go so far. After all, my friends are established here. They have their homes, their families, their roots. If I were to disappear tomorrow, they would go on with their lives, whereas I, for all my desire to integrate, have the one great advantage they long for and can’t attain, freedom of movement. This is an imbalance, and it’s not really clear who has the advantage, my friends with their roots here, or me with my money, my passport and my Western education. Still, it makes anything we try to do together seem like a bit of a stretch.

For my Moroccan friends, there must always be the temptation to see me as a temporary resource they should exploit fully before it goes away. It’s reasonable for them to assume that whatever my good intentions, I don’t share their commitment to care for their sick mother, or help their sister find a job. Nor is it logical for them to assume that I would integrate myself to the point of giving up the liberties that come with being an American, just so I can share their struggle from the inside. Cooperation is only possible as a meeting of interests, and when the interests aren’t really the same, the potential for exploitation creeps in on one side or the other.

From my end of things, I’m hungry to attain the degree of intimacy with Moroccan culture that is automatic to someone growing up here. To an outsider, the lack of transparency in the culture can be frustrating. One learns about some things quickly, such as couscous or the djelleba, but the real secrets lie much deeper. It is impossible even to know where to begin, which questions to ask. What is the real significance of Gnawa music, or the philosophy of Moulay Abdeslam? Someone told me that to grasp the evolution of Moroccan culture in its complete context, it would be necessary to master the history of the entire Arab world, the evolution in Islamic thinking from the time of the Prophet to the present, and the history of Western colonialism. Such an effort is possible, perhaps, but it is too much for one person.

This situation is not helped by the fact that most Moroccans today are unable to speak intelligently about their culture. What is the origin of a particular legend, or style of dress, or religious tradition? No one seems to know. The official version of history remains silent on many subjects, and on others it distorts the facts. Yet this lack of self-awareness isn’t really the Moroccans’ fault. Their culture has evolved over the centuries, and is integrated into the rhythm of their daily life. The only way to know it is to live it. Even for a native, it must seem as if the real meanings reveal themselves little by little. No doubt this is true of any culture as rich and layered, even contradictory, as this one, whether here or in China.

While a native Moroccan may at times know less about his own culture than I do, unlike him I can’t fall back on the habit of being Moroccan. His mother’s gestures and expressions, her clothes and the food she makes, are part of his childhood memories. He can always retreat into the comforting embrace of tradition, which is familiar even when it is only poorly understood. As an outsider, I don’t have that choice. What for him is everyday life, for me risks turning into an anthropological spectacle. Because of this imbalance of interests, there is always the possibility for exploitation. The natives are putting on a show for my amusement, and it is necessary to pay for this, but in what coin?

— • —

I’d like to thank adib for inviting me to be part of Maghreb Blog. It’s an honor and a pleasure! This is my first time posting here, and I hope to participate regularly from now on. Meanwhile, if you’d like to know more about me, check out my online library, cultural center and ski resort over here at eatbees.

Pour ne pas les oublier

A toutes les victimes des attentats du 16 Mai 2003…

C’était il y’a trois ans…

Le Maroc commémore aujourd’hui, dans une ambiance d’indignation et de refus du terrorisme, le troisième anniversaire des événements du 16 Mai 2003.
11 kamikazes qui avaient secoué la capitale économique du royaume.

3 attentats-suicide, qui ont fait plus de 44 morts…
La commémoration de ce triste anniversaire est une occasion pour toutes les composantes de la nation de réitérer leur condamnation de ces actes barbares et de renouveler leur attachement aux valeurs de tolérance, de paix et de coexistence, à travers la consécration d’une nouvelle culture basée sur l’esprit d’initiative, l’action commune et le resserrement des rangs pour faire front à l’obscurantisme et à tous ceux qui complotent en vue de nuire à l’image du Maroc et à son apport civilisationnel.

Lire la suite ici.

Le reveil du dragon

Ils sont partout…

Ils vous abordent avec le sourire, ils affichent un air très sympathique mais surtout des prix très intéressants. Les chinois envahissent les marchés marocains. Au tout début, l’histoire a commencé avec des produits pas chers qui se sont incrustés insidieusement dans nos marchés. Mais aujourd’hui, les chinois ont fait le choix de s’installer carrément au Maroc pour vendre eux même leurs produits dans LEURS marchés.

Le Maroc essaie de dresser une muraille « de Chine » pour se protéger de cette invasion. Et c’est justement au niveau de l’ambassade du Royaume à Pékin où le mythe chinois rencontre les premiers obstacles. « Aujourd’hui le Maroc » a mené l’enquête pour comprendre le phénomène!

La Chine semble avoir deux points de force : Un SMIG bas comparé à celui des ouvriers marocains (1800 Dhs pour le Maroc Vs 600 Dhs pour l’ouvrier chinois !!) et puis un volume important de production. La chine se réveille et les commerçants marocains ne cessent d’exprimer leur mécontentement, alors comment faire pour contrer ce dragon?

Le Maroc reste le pays arabe qui abrite le plus grand nombre de chinois, qu’en est il dans les autres pays du Maghreb ?

Pour en savoir plus.

Halte à la discimination…halta à l’humiliation!

La blogosphére maghrébine est indignée par les nouvelles mesures protectrices prises par la communauté européenne et la France en Particulier!
Au moment ou les peuples essayent de se rapprocher et de résoudre les problèmes tels que l’émigration, l’échange équitable et le bannissement des causes du terrorisme. L’Europe commence à ériger une forteresse avec des miradors et des contrôles biométriques aux frontières !
Ces mesures ne feront que créer un climat de haine et d’incompréhension et d’augmenter la fracture entre les deux rives de la méditerranée !
Dire que l’Europe, joue le jeu des extrémistes, elle est entrain de jeter des populations entières dans leurs griffes ! Après l’affaire des caricatures voila qu’elle souffle sur la braise encore brûlante en instaurant de nouvelles mesures restrictives pour l’immigration et des contrôles biométriques aux frontières !
En plus, la France propose une immigration choisie, copié sur le modèle canadien, une immigration à la demande comme si c’est nouveau : elle a oublié que ce sont nos soldats qui se sont battus pour la France, ce sont nos ouvriers qui ont battit l’industrie française, maintenant elle veut nous spolier nos cerveaux, notre élite, la crème de la crème, les garants de notre propriétaire ! Elle veut avoir des ingénieurs, médecins, chercheurs…clef en main et qui payent les impôts du premier jour ! Ces mêmes cerveaux qui ont étaient formés au frais de leurs pauvres pays ! Ils travailleront puis seront jetés en fin de contrat !
la blogosphère maghrébine dit :
Non au marquage biométrique
Non aux mesures discriminatoires
Non à l’émigration choisie, immigration jetable, spoliation des cerveaux et des esprits !
Voici quelques réactions:

Et toi tu portes quel matricule? par Tarek cheniti
Dans quelque temps mes chers amis, avant de prendre l’avion, vous serez obligés de laisser vos empruntes et des données biométriques dans les consulats européens. Vous serez fichés, libellés, classés, épiés et archivés comme des criminels en liberté conditionnelle. Et ce n’est pas une métaphore que je fais là, c’est la réalité…
C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur d’autant plus que mon mémoire de mastère a porté sur l’utilisation de la biométrie pour la lutte anti-terroriste. A l’époque le gouvernement britannique comptait instaurer des cartes d’identité nationales qui ne portaient rien de plus qu’une puce, avec la possibilité d’élargir ce système aux empruntes et a la reconnaissance de l’iris. Figurez-vous que le projet a été contesté illico par les anglais, par monsieur et madame tout-le-monde qui ont exigé que l’on respecte leur vie privée…
Alors Messieurs et Dames champions de la démocratie, sachez que je ne suis ni un criminel en herbe, ni une catégorie inférieure a vos populations, ni une statistique dans vos fichiers. Je suis un homme libre.

Boycotte par adibs1
Après les Etats Unis et le Royaume Uni je boycotte aussi l’Europe unie !
j’ai décidé de ne plus voyager en Europe à partir du premier janvier 2007, date de l’entrée en vigueur de la nouvelle tarification du visa Schengen, oui ce bout de papier tamponné passe de 35 euro à 60 euro soit plus de 100 dinars Tunisiens, j’exclu de ce boycotte touristique, Grèce, Suède et Hongrie qui ont voté contre !
Le pire dans l’histoire c’est qu’ils justifient cette mesure par le financement du nouveau programme antiterroriste qui consiste à prendre les données biométriques, photos numériques et empreintes digitales…et puis quoi encore ? mon ADN et une fiole de sperme ?
C’est quoi ce mépris ? Vous allez nous identifier comme du vulgaire bétail qu’on passe devant un lecteur de code barres comme je fais dans ma clinique pour les chiens ? une puce traçable par sattelite pour ne pas perdre nos traces? Ou sont vos discours égalitaires, les droit de l’homme , la liberté de se déplacer, les bienfaits de la mondialisation ? de la pure masturbation !
Vous connaissez le parcours de combattant qu’un citoyen Tunisien doit faire pour s’offrir un court séjour, une seule entrée en France ou en Europe ? est ce que l’un de vous à déjà vu la queue devant l’ambassade de France par exemple un lundi matin ? en plein Aout ? 40°degré à l’ombre avec un grand siroco ? je vous assures ça fait pâlir de jalousie les geôliers de guantanamo
ils te demandent tes papiers, ton billet d’avion aller retour, ta fiche de paye, ton contrat de travail, la fiche de paye de ton conjoint, ta fiche d’impôt, l’argent que tu as déjà converti en euro 1000 euro minimum, la réservation de l’hôtel ou un certificat de logement de ceux qu’ils t’ont invité signé de la part du maire de la commune, avec un engagement auprès de la préfecture. Si tu est célibataire par exemple et tu est invité par une femme française célibataire, c’est impossible d’avoir le visa car ils ont peur d’un potentiel mariage…

Abolir le visa schengen pour les Tunisiens par Zizou
culturellement la Tunisie a toujours été baigné dans la culture de la méditerranée du sud et je trouve absolument incroyable que des roumains, estoniens ou slovaques soient la bienvenue dans des pays comme la France, l’Italie ou l’Espagne alors que nous autres tunisiens qui partageons la même histoire et qui sommes imbibés de la même langue et culture on soit rejetés comme des moins que rien.
Contrairement a ce qu’on peut croire tous les tunisiens ne rêvent pas de vivre en Europe. On y va généralement pour faire du tourisme, poursuivre des études, faire du business et voir la famille. ces visites profitent beaucoup a l’économie européenne puisque généralement les tunisiens dépensent beaucoup lors de ces voyages.Finalement, en humiliant les tunisiens de la sorte, l’Europe les pousse vers d’autres puissances qui sont prêtes, elles, a les accueillir les bras ouvert, et la je pense en priorité aux pays du golfe. Malheureusement ces pays sont connus pour leurs conservatisme et pour leurs idées et mode de vie moyenâgeux ne ferons qu’élargir le fossé entre les deux bords de la méditerranée et sincèrement ce résultat ne serai bénéfique a personne.Pour toutes ces raisons et plein d’autres j’invite tout le monde a reconsidérer son opinion. j’invite mon gouvernement a se joindre a l’Algérie et a protester ouvertement contre cette politique de visa. J’invite également la société civile tunisienne et le peuple tunisiens a manifester leur mécontentement de cette politique qui restreint son droit a la mobilité. Sincèrement si on ne bouge pas, rien ne changera et on donnera raison a cette politique discriminatoire.

Immigration : quel Avenir ??? par dadooo
Je ne sais pas vous, mais moi je n’ai pas encore un avis determiné sur le projet de loi de M. Sarkozi concernant l’immigration…normaliser l’immigration me parait tout a fait logique dans certains cas surtout dans un pays qui ne peut plus assumer cet afflux et assurer une vie decente pour tout le monde. le Canada a un systeme d’immigration choisie qui me semble fonctionne très bien, mais la conjoncture socio-culturelle est completement differente. Repenser l’immigration ok! , Mais à quel prix ? et quels sont vraiment les vrais enjeux?. Je reste donc perplexe ! et je ne me decide pas à signer ou enterrer la petition publiée ici, dés louverture de ce blog, il ya une semaine.
Les propos et pratiques descriminatoires à l’égard des immigrés de la part de certains representants administratifs ou de certains citoyens français refletent le malaise de la société française. Personnellement je n’ai jamais subie un discours ou acte discriminatoire (ou du moins je ne l’ai pas perçue de la sorte ou alors ça ne m’a pas marqué tant que ça). Dans le milieu universitaire (c’est celui que je frequente le plus ) la majorité des gens se prononcent de gauche et pourtant combien de compatriotes me racontaient leurs mesaventures avec des directeurs de recherche ou de labos faisant la discrimination entre doctorants français, europeens et d’autres d’origines differentes

Donner ses empreintes pour demander un visa au Royaume des Franciliens par Zaratoustra
Les demandeurs de visa devront laisser leurs empreintes pour demander un visa pour la France depuis le décret du 26 Avril dernier. Et puis quoi encore ? A quand la prise d’ADN ou l’implantation de puce suiveuse dès que tu pénètre dans l’UE ?
Dans 5 ans, on devra mettre un bracelet autour du cou qui explosera si à la fin de validité du visa tu ne seras pas hors des frontières bleues. 10 ans après, ça sera le tour à la famille du “bruleur” de subir une extermination par les forces spéciales du consulat de l’empire de “Francis le PenSarke”.
Et après ??

immigration choisie

Immigration choisit, une immigration blanche?
La France et un certains nombres de pays de l’union européenne vont ouvrir leurs frontières aux pays d’Europe de l’est.
On nous dit que des dizaines de milliers d’emplois seront disponible dans la restauration, la propreté etc………… des emplois qui ne necessitent pas de grandes qualifications. Sauf si pour un emploi de proprté on ne demande rien à un polonais et un doctorat à un Africain. Or l’Africain comme son collegue français doctorant trouvera au Canada ou au Etats Unis , des pays qui reconnaitront son talent.
En France, nous dit on, il y aurait un chomage structurel ou les peu diplomes seraient à la marge. Pourquoi ne peut on pas pourvoir ces postes dans l’hotellerie par des personnes de couleurs qui se voient refuser ces emplois ( voir enquête dans les boites d’interims) ou ex cette emission :

http://www.dailymotion.com/video/132776

C’est assez fourbe, on a simplement l’impression qu’il y a une volonté de substituer des populations et renforce encoreune fois la discrimination.

Visa à 60 euro par la Blogeuse
Personnelement, je ne conteste pas cette nouvelle procédure, je trouve qu’elle présente des avantages pour nous, nos données personnelle seront gardées et serviront à tracer nos mouvements sur le territoir schengen, ce qui en effet, diminura nettement notre temps d’attente aux ambassades et aux aéroports.
J’ai toujours souhaité que les services des ambassades aient un historique des voyageurs afin de faciliter et accélérer et le dépôt du dossier et l’obtention du visa, que l’on soit pas tous suspectés d’immigration clandestine, qu’on arrête de mettre tout le monde dans le même sac.
Mon amie s’est vue refusé un visa pour la France alors que 6 mois auparavant elle y était résidente, simplement parce qu’elle a refait son passeport et que les nombreux visas qu’elle avait eu, n’y figuraient plus !

Ces Africains qui veulent réussir en Afrique par emma benji

Pour en revenir à l’article, j’ai eu le privilège d’être interviewer par le magasine « Jeune Afrique » pour parler de mes projets entant que “jeune africain” expatrié mais qui veut revenir à son pays d’origine pour y évoluer. Mes motivations sont simples et nombreuses mais malheureusement trop évidente pour être clair aux yeux de certains.
Nos pays sont en pleine construction, en pleine expansion, en plein boom,… et c’est à travers les jeunes que cette transition se fera. La conjoncture MONDIALE actuelle rend les choses un peu difficile et contraignante. Les pays en voie de développement ont besoin de la flamme de leurs citoyens pour avancer, les opportunités sont plus nombreuses que certains veulent le croire.
Je pense qu’il est plus facile de rencontrer le succès ou d’embrasser la gloire dans un pays Africain qu’en occident. Personnellement je ne comprend pas les personne qui accepte et rêve de l’inégalité, de l’exclusion, de la discrimination, de l’inconfort de la vie et la précarité dans les pays occidentaux et refuse et rejette catégoriquement la reconnaissance dans leur pays de leur travaux, de se dévouer pour l’avancement de leur patrie, ils sabote leur entreprise ou leur société en prétendant qu’elle les exploite, préfèrent imaginer des stratagèmes machiavéliques pour freiner la production que d’en faire pour les accélérer,…
Bref je préfère de loin être exploité par ma patrie que d’être traité comme un étranger, un citoyen de deuxième rang et faire “le petit africain de service”
Voila en gros l’exemple que je voudrai donner aux autres jeunes, et moins jeunes, africains.

Vivant l’Arabe?

Le français a une place de choix dans la blogosphère maghrébine. La quasi-majorité de ses membres a choisi de s’exprimer dans la langue de Molière. Ce qui n’est pas sans provoquer des mécontentements dans des pays où l’Arabe et l’Amazigh sont les langues maternelles.

Pas de doute, l’Arabe perd du terrain du moins sur le net. Pourquoi écrivons-nous en langue française ? Voilà une question qui suscite mille réponses. On peut répondre que c’est un reliquat de l’Histoire et la colonisation. Mais alors comment expliquer que les autochtones du Proche-Orient bloguent majoritairement en arabe ? Peut être c’est une question technique : c’est connu les systèmes informatiques n’aiment pas les caractères non latins. Et l’hébreu ? Et le chinois ? Ils ont été latinisés ces deux là ?

Votre serviteur, ça ne vous a pas échappé, blogue en français. Il pensait que l’écrit n’a pas de langue. Il ne s’est jamais posé la question pourquoi pas en arabe jusqu’à ce qu’on lui la pose.

D’abord c’est la langue que je maîtrise le mieux et qui m’est la moins fatigante à l’écrit. Cela est du certainement à l’influence de mes lectures : depuis l’adolescence je lis habituellement en français. Il était dès lors naturel que je l’utilise quand le désir d’écriture s’est emparé de moi. Ensuite par habitude : dans les débuts d’Internet l’arabe était exclue du tournoi. Lorsqu’on l’a admise à entrer dans la toile c’était trop tard, déjà le clavier qwerty me sort par les trous du nez ! Enfin il y a ce sentiment d’ « écrire contre les miens » sur des sujets difficilement exprimables en arabe. L’acte d’écrire en français se transforme en une tentative d’ « atténuer » mes prises de positions. Ce n’est pas de ma faute si je pense que ma langue maternelle est une langue des interdits et des tabous si bien que pour les contourner je me dois d’utiliser une langue étrangère.

Est-ce que cela fait de moi un « colonisé de la langue des autres » ? Je m’en tamponne le coquillard (qui traduit ?). Mais je vous mentirais si je ne vous dis pas que ça me fait de la peine de voir agonir la langue de Sîbawayh et de mes ancêtres. Heureusement qu’il y a quelques courageux bloggeurs arabophones qui veillent à ce que sa flamme ne vacille pas. Mahckourine.

La schisophrenie de la jeunesse Tunisienne

voici des extraits de l’article « Chouchoutés et encadrés » paru sur jeune Afrique n°2332 écrit par Mr Samy Ghorbal !

Matérialistes, individualistes, les jeunes Tunisiens sont aussi largement dépolitisés. Derrière les signes d’embourgeoisement percent toutefois de nombreuses inquiétudes.
« Ce qui caractérise la jeunesse d’aujourd’hui ? La frime et le fric. Notre génération est matérialiste, obsédée par l’argent, ou plutôt par les signes extérieurs de richesse, symboles de la réussite sociale. Et elle a oublié ce que penser veut dire. » Haythem, 24 ans, coupe rasta, est étudiant à l’École des beaux-arts. Attablé avec un groupe d’amis dans un café branché de Hay Nasr, un des nouveaux quartiers de Tunis, il ne veut pas trop s’étendre sur le sujet. Trop délicat. Car, après tout, les jeunes sont aussi ce que la société a fait d’eux. Mais, en peu de mots, il a appuyé là où ça fait mal.
Matérialistes, opportunistes, les jeunes seraient aussi très largement dépolitisés. Vrai ou faux ? Difficile de trancher, car la tentation est grande de comparer entre des époques qui ne sont pas comparables, et en faisant abstraction de contextes profondément différents. Si dépolitisation il y a, elle touche la société tunisienne dans son ensemble, et les jeunes, évidemment, ne font pas exception. Le débat politique tunisien, « strictement encadré », est d’une surprenante pauvreté, sur le fond comme sur la forme. La demande de liberté politique a globalement diminué.
Il n’y a pas qu’au Maroc que sévit le phénomène des diplômés-chômeurs. Il se manifeste aussi en Tunisie, où 20 000 diplômés du supérieur sont officiellement sans emploi. Le pays a connu ces vingt-cinq dernières années une véritable révolution, avec la scolarisation massive, la progression spectaculaire de l’enseignement universitaire, la construction de centaines d’établissements et d’instituts d’études supérieures. La part du budget de l’État consacrée à l’éducation varie entre 17 % et 25 %. Un effort colossal et payant : le nombre d’étudiants s’établit maintenant aux alentours de 300 000. Il a doublé depuis 1998. Et les filles, avec 53,3 % des effectifs, sont devenues majoritaires dans l’enseignement supérieur.
Certaines filières ont été épargnées par le phénomène, en particulier les disciplines scientifiques et la médecine, un pôle d’excellence, où, efficacité oblige, les cours restent dispensés dans la langue de Molière. Même ces étudiants privilégiés éprouvent des difficultés à se faire une place au soleil. Sur les six cents médecins qui quittent chaque année les bancs de la faculté, un quart seulement feront carrière à l’hôpital.
À bien des égards, la jeunesse tunisienne semble comme frappée de schizophrénie culturelle. Elle est affectée, en profondeur, par deux évolutions parallèles et contradictoires. Elle est à la fois plus libérée et plus conservatrice. Plus libérée, car on assiste, chez une fraction des jeunes, à une prise de distance de plus en plus marquée par rapport à la religion, et plus généralement aux règles de la bienséance en pays islamique : audaces vestimentaires et comportementales, consommation d’alcool, permissivité sexuelle. Des symptômes d’une occidentalisation accélérée du pays. Mais, à côté de cela, le retour du sentiment religieux et des valeurs conservatrices, peu ou prou liées au référent arabo-musulman, est également manifeste. La réapparition du voile, le regain de religiosité, la tentation du repli identitaire, le souci exagéré des convenances : autant d’éléments qui trahissent un mouvement de « réorientalisation » alimenté, en partie, par les télévisions arabes par satellite, très regardées, et qui ont supplanté les chaînes françaises ou italiennes dans le coeur des téléspectateurs. Avoir 20 ans à Tunis ? C’est être à la fois les enfants de M6 et ceux d’Al-Jazira. De quoi y perdre son latin.

Personnellement je trouve l’article assez intéressant quoiqu’il est destiné pour les européens qui ignorent notre réalité nationale. je crois que cet état témoigne de la schizophrénie de notre jeunesse a cheval entre l’orient et l’occident, le sud et le nord, le conservatisme et le libéralisme…une jeunesse puritaine et émancipée à la fois, une situation à faire perdre son arabe et son français!
je me demande combien de temps encore nous faudrait il pour trouver notre propre identité Tunisienne et maghrébine!
le chemin est encore long, mais vu la qualité qui se dégage de la blogosphére maghrébine ça me redonne confiance dans notre avenir

Trois Hommes et un destin…

Lu chez le mythe

Pour un monde meilleur

Né le 13 mars 1912 à Alger, Mohamed Khider est issu d’une famille modeste originaire de Biskra. Il milite très tôt en faveur de l’indépendance. Libéré en 1962, Mohamed Khider soutient Ben Bella et devient Secrétaire général et trésorier du FLN. Suite à des divergences apparues en 1963 avec Ben Bella. Il garde par devers lui les fonds du FLN. Il déclare aussi son opposition au régime de Boumediene en 1965. Le 4 janvier 1967, en Espagne, à Madrid, sous le régime du colonel Houari Boumediene, Mohamed Khider est assassiné par la police politique (les services spéciaux algériens). Le tueur serait d’après Hocine Aït Ahmed un certain Youcef Dakhmouche.

Né en 1914 aux Iles Kerkennah, au large Sfax. Farhat Hached était de famille pauvre.
Après l’arrestation des dirigeants nationalistes et leur éviction du gouvernement, Ferhat Hached est assassiné par les terroristes de “la Main Rouge”. Il dirigeait l’UGTT, le syndicat sur lequel s’appuyait Bourguiba et le Néo Destour.

Né en 1920 à Rabat dans une famille de petits fonctionnaires, Mehdi Ben Barka, professeur de mathématiques, fonde, en 1950, l’Union nationale des forces populaires (UNFP), principal parti de gauche opposé au régime. Exilé, il est condamné à mort par contumace en 1963 pour avoir pris position en faveur de l’Algérie contre le Maroc. Chargé d’organiser la participation des mouvements révolutionnaires du Tiers-monde à la conférence tricontinentale qui doit se réunir à La Havane prévue en 1966. Mais il est enlevé à Paris, le 29 octobre 1965, par des policiers français travaillant pour le compte du général Oufkir, chef de la police marocaine. Il a sans doute été assassiné dans les jours qui suivirent son enlèvement.

Voilà l’histoire de trois hommes et un seul destin
Comme disait jacques beauregard dans mon nom est personne :

Un vrai héro est un héro mort.
A qui profite ces crimes ?
et l’espoir d’un Maghreb unis en paix.

Divide ut imperes

Il y a un an, presque jour pour jour, j’ai traité de ce sujet sur la radio, au vu des derniers évenements en Irak, la situation est en train d’empirer, espérons qu’elle ne débouchera jamais sur une guerre civile.

Il y a des formules très utilisées aujourd’hui dans le vocabulaire journalistique, pourtant elles n’ont aucun sens précis.

Je vous donne un exemple : le triangle sunnite, savez-vous ce que c’est ? Eh bien, moi non plus je ne savais pas, mais, je me suis renseignée, et j’ai appris que ce triangle sunnite, est une nouvelle figure géométrique propre à l’Irak, dans une région qui comprend la capitale Baghdad, Ramadi à l’ouest, et Baquouba au nord.
Et ce serait, si j’ai bien compris toujours, la zone occupée majoritairement par les sunnites, qui sont quand même, minoritaires en Irak. Tout le reste est soit chiite au sud, soit kurde au nord. Vous allez me dire : Mais, où sont passés les Irakiens dans tout ça ? Rassurez-vous, ils sont toujours là. C’est simplement le phénomène démocratique américain qui les a transformés. Tellement d’ailleurs, qu’on en a même oublié les chrétiens. Une population très importante, à Baghdad du moins.

Si ce n’était pas aussi tragique, on en rirait peut-être. Parce que ça ne peut pas être aussi simple, ni aussi évident qu’il y paraît. D’abord, parce que l’Irak est un pays d’au moins 6 millénaires d’histoire, c’est à dire 20 fois plus vieux que les Etats-Unis. Pourtant, la population américaine est elle, d’après ce qu’on en dit, bien homogène, malgré sa grande diversité ethnique et religieuse.

Mais, pour ce qui concerne l’Irak, on ne doit plus dire que les kurdes sont sunnites, que les chiites sont arabes, et que les sunnites et les chiites sont tous musulmans. Il ne faut plus dire qu’en Irak, au-delà du religieux, c’est le système tribal qui régit toujours la société. Et que certaines tribus sont tellement grandes qu’elles regroupent, des sunnites, des chiites et des kurdes aussi. Alors pourquoi s’acharne-t-on à présenter l’Irak comme un ensemble de communautés ou d’ethnies, bien distinctes les unes des autres. Et géographiquement séparées?
Ce phénomène n’a rien de nouveau. Il s’appelle diviser pour régner. Un principe aussi vieux que le monde, attribué officiellement à Machiavel. Il a mis cette sentence, dans son livre le plus célèbre : Le Prince. Dans cet ouvrage, Machiavel dévoile sa conception du pouvoir par la manipulation des hommes et des sentiments des populations. C’était en 1513, aux prémices des grandes guerres de religion. Ces célèbres guerres qui ont ensanglanté l’Europe pendant plus de deux siècles, en opposant catholiques et protestants. Heureusement, la “Tolérance” a fini par s’instaurer, et l’Occident a oublié.

Alors, il faut peut-être rappeler que le christianisme est né en Orient. Sayidna Issa, âlayhi essalam, est né en Palestine. C’est pour cette raison que bien avant, et même après les croisades, les musulmans ont toujours protégé les lieux de culte chrétiens en Orient.

Il suffit de dire peut-être que les clefs de la Basilique du Saint-Sépulcre à El-Qods, un haut lieu du christianisme, sont depuis des siècles entre les mains d’une famille musulmane. Depuis des générations, cette famille garde les clefs de la basilique. Et tous les matins le cérémonial d’ouverture de la porte de la basilique se fait en présence de représentants de l’église orthodoxe, arménienne, et romaine.

Cela ne signifie pas que l’histoire du monde arabe a été un long fleuve tranquille, certainement pas. Seulement, elle est si longue et si complexe, qu’il serait injuste de la réduire à d’aussi petites étiquettes”.

Chronique diffusée sur la radio algérienne, le : 17/02/2005